Consortium WASH RDC

L'expertise de cinq ONG internationales

“Le travail de la femme n’est jamais fini”

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La femme congolaise vivant en milieu rural est un pilier économique et social indispensable à la survie de la communauté. Elle s’occupe de l’économie domestique, de la propreté de la maison, de l’éducation des enfants, de puiser et transporter l’eau, de chercher du bois de chauffage, de faire le marché, de préparer les aliments, de soigner les malades, du bien être de son mari… Le dicton “le travail de la femme n’est jamais fini” reflète  bien le fait que les femmes travaillent pendant un plus grand nombre d’heures que les hommes, parfois jusqu’à 16 heures par jour.

Avec un indice d’inégalité de genre à 0,710, la RDC se situe parmi les cinq pays dans le monde ayant les taux les plus élevés d’inégalité de genre. Malgré les différentes législations et les conventions internationales adoptées par la RDC, le niveau de représentation féminine dans les postes décisionnels est de moins de 10% pour le pays dans son ensemble et 5% à Kinshasa. Le projet de loi relatif à l’égalité des genres a été adopté par le Parlement en avril 2011 mais n’a pas encore été promulgué. La loi électorale de 2011 n’a pas pris en compte les dispositions en matière de parité home/femme.

Les droits fondamentaux des femmes sont garantis par la constitution de 2006. Cependant, le manque d’application des lois et le poids de la tradition dans certaines zones conduit à une discrimination persistante et profondément enracinée. La Constitution déclare dans son article 14 que “l’Etat a le devoir d’assurer l’élimination de toute forme de discrimination contre les femmes et d’assurer le respect et la promotion de leurs droits.” De même, l’Etat doit “prendre des mesures pour s’attaquer à toute forme de violence faite contre les femmes dans la vie publique et privée,” et assurer “l’entière participation des femmes au développement de la nation” en particulier en garantissant “ le droit de représentation dans les institutions nationales, provinciales et locales.” Néanmoins, certaines parties de la loi congolaise discriminent encore les femmes. Par exemple, le Code de la famille déclare que les hommes sont les chefs de ménage et que les femmes doivent les obéir. L’âge légal minimum pour les femmes est de 15 ans et de 18 ans pour les hommes, ce qui a une incidence pernicieuse sur le taux élevé de mariages d’enfants. Les femmes sont aussi victimes de discriminations en ce qui concerne le droit à la propriété. Les femmes mariées n’ont pas le droit de signer certains actes et contrats sans le consentement de leur mari, et si elles sont en théorie égales en termes de loi d’héritage, les coutumes mènent très souvent les femmes à être déshéritées.[1]

Pour savoir comment le Consortium WASH RDC intègre la composante genre et parité, cliquez ici.

[1] Freedom House, Countries at the Crossroads 2012 – Democratic Republic of the Congo, 20 September 2012, available at: http://www.unhcr.org/refworld/docid/505c1733c.html [accessed 8 December 2012]

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