Consortium WASH RDC

L'expertise de cinq ONG internationales

“Je ne connais pas une femme dans ce village qui ne fasse pas bouillir l’eau de boisson»

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Propos recueillis au village de Luba par Olivia Leroux et Lina Nday (Concern Worldwide RDC, juillet 2014)

Georgette et Yvan Mukalai Rabala ont environ quarante ans et sont les parents de trois filles et six garçons. Ils habitent à Luba, village situé à 45 minutes en vélo de la ville de Manono. Ils sont agriculteurs et vivent de la vente de manioc, l’arachide et le riz dans les marchés locaux. Leurs deux enfants plus âgés ont dû abandonner l’école secondaire car elle était chère et loin de la maison. Maintenant, ils contribuent au revenus de la famille par l’extraction et la vente de la cassitérite (oxyde d’étain), l’un des minéraux les plus courants dans la province du Katanga, en RDC.

Yvan t georgette

Georgette et Yvan en face de leur maison

Dans le cadre du Consortium WASH RDC, Concern Worldwide a démarré son intervention il y a sept mois. Yvan nous raconte qu’avant l’arrivée du Consortium le village était sale et plein d’ordures. Grâce aux campagnes de sensibilisation l’aspect du village est en train de changer et maintenant les habitants utilisent des fosses à ordures. Auparavant les assiettes, casseroles et autres ustensiles de cuisine séchaient par terre et étaient facilement souillés par les animaux et les enfants. Concern les a aidé à comprendre l’importance d’éviter la contamination des ustensiles, de la nourriture et de l’eau.

Grâce au projet la famille a aussi bénéficié des travaux d’aménagement de routes. Yvan a été embauché pour recueillir du gravier et Georgette a été engagée avec d’autres femmes pendant 10 jours pour aménager l’accès. “Nous sommes très heureux d’avoir été recrutés –disent-ils- L’argent nous a permis d’acheter des médicaments pour nos enfants et de la nourriture”.

Lorsque les Belges travaillaient dans l’industrie minière et vivaient à côté du village, la communauté allait chercher de l’eau à une source protégée située à plus de 2 km. Puis le chef du village a construit un puits peu profond dans le village, permettant à la communauté de diminuer leur temps de marche. Malheureusement, quelques années après, le chef est décédé et le puits s’est effondré à cause du manque d’entretien. Certains villageois sont retournés aux sources non protégées tandis que d’autres ont creusé un puits ouvert d’un mètre de profondeur situé à 1 km du village et qui tarit pendant la saison sèche.

Lors-ce qu’on demande à Georgette quels sont les changements que le projet a apporté à sa famille, elle nous parle de l’ébullition de l’eau potable. Elle dit que c’est une bonne pratique qu’elle a apprise depuis l’arrivée de Concern et que l’agence insiste beaucoup sur la façon dont la communauté elle-même peut améliorer la qualité de l’eau : “Je ne connais pas une femme dans ce village qui ne fasse pas bouillir l’eau de boisson”, nous confie t-elle. Georgette ajoute que l’autre bonne pratique acquise est celle de se laver les mains avant de manger, après avoir visité les latrines et avant de manipuler des aliments. Elle dit que c’est une habitude que tout le monde dans la famille a adopté très rapidement.

lavage mains

Lavage de mains

Yvan est en train de construire une nouvelle latrine familiale parce que l’actuelle est presque pleine. Trois ménages utilisent la même latrine, c’est à dire une trentaine de personnes. Il préfère ne pas nous montrer l’intérieur : “Revenez quand la nouvelle sera construite!”, dit-il en riant. Puis il ajoute : “C’est le problème de la latrine à fosse, maintenant elle est pleine et on doit en construire une autre ailleurs. Mais c’est très bien car la plupart des briques pourront être réutilisées”.

Les Rabalas affirment que la rédaction du Plan d’Action Communautaire et la sensibilisation menée par le personnel de Concern sur les normes VEA les a beaucoup motivé. Lorsque nous leurs avons demandé si les normes étaient difficiles à appliquer, ils ont répondu : “Si les normes étaient plus un fardeau qu’un allégement nous ne les appliquerions pas. Les normes sont faites pour que notre famille vive dans de meilleures conditions. Les enfants de notre village tombent moins souvent malade, ce qui nous aide aussi à faire des économies”.

À la question sur quel l’élément du projet était le plus important pour eux, ils répondent en chœur “L’eau, de l’eau!”. Ils pensent que l’accès à l’eau potable, accompagné d’une bonne hygiène et de l’assainissement leur permettra d’améliorer leur qualité de vie et de réduire le coût des médicaments.

Interrogés sur s’ils seraient prêts à payer pour un service d’eau potable, ils répondent “Nous avons commencé à verser nos contributions, avant même d’avoir de l’eau potable. Nous avons un comité de gestion de l’eau qui a décidé en consultation avec la communauté que chaque ménage paie 500 francs congolais par mois. Nous avons déjà payé nos 500 premiers francs! “

Georgette et Yvan rêvent d’un village propre et beau où les ordures et les excréments soient une chose du passé. Un rêve qui peut devenir réalité grâce à la prise de conscience et à l’engagement de tous les villageois.

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