Consortium WASH RDC

L'expertise de cinq ONG internationales

Processus de construction le latrines de démonstration adaptées au contexte d’intervention

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Tout le monde sait, indépendamment du niveau d’éducation, ce qu’est une latrine. De même, tout le monde est capable de comprendre le schéma de transmission des maladies oro-fécales, ainsi que les mesures de prévention. Il est aussi possible de comprendre les déterminants du changement de comportements et de trouver des leviers pour inciter les bénéficiaires d’un projet WASH à modifier leurs pratiques en termes d’hygiène, en utilisant des techniques telles que l’ATPC ou le PHAST par exemple.

Ces approches participatives peuvent pousser les communautés à entreprendre la construction de leurs propres latrines familiales. Elles sont parfois très efficaces mais restent limitées. En effet, faute de connaissances suffisantes, ces latrines sont souvent mal construites, non hygiéniques et donc ne constituant pas une barrière parfaitement imperméable aux transmissions des maladies oro-fécales. Ainsi pour guider les personnes dans la construction de leurs propres latrines hygiéniques, il est indispensable de leur donner des conseils techniques et d’indiquer l’importance de certains aspects fonctionnels des infrastructures.

Pour que les communautés puisent construire leurs propres latrines familiales avec des matériaux locaux, Solidarités International a construit avec l’aide des communautés 156 prototypes de latrines dans les trois Zones de Santé visées lors de la première vague d’intervention du Consortium WASH RDC : Kabalo, Bandundu et Kwamouth.

La première étape a été de définir les modèles de latrine hygiénique selon un ensemble de critères, à savoir :

  • L’acceptation du modèle proposé par la communauté, qui doit être proche de ce qui existe déjà dans les villages ;
  • La disponibilité des matériaux locaux ;
  • Le coût de construction; et
  • Le niveau de difficulté.

Ces critères ont été discutés dès le début des interventions avec les autorités locales et de santé au niveau des Aires de Santé et des villages. Quelques focus-group ont ensuite été organisés directement avec les bénéficiaires pour arriver à une conception finale, adaptée à chaque zone. La conception varie donc d’une zone à l’autre. Par exemple, lors-ce que les briques en terre crue (adobe) ne sont pas disponibles ou si leur coût est trop élevé, comme dans la province du Bandundu, elles ne sont pas utilisées dans le modèle de démonstration. En revanche, ces briques ont été utilisées dans la Zone de Santé de Kabalo, car elles sont disponibles et à un coût acceptable. Un autre exemple : au Bandundu, les communautés ont l’habitude de protéger l‘entrée de leurs maisons et de leurs latrines avec des barrières ou des portes en bois) pour empêcher les animaux d’entrer (principalement les poulets et les chèvres), alors que pour les habitants de Kabalo, cette question ne figurait pas parmi leurs préoccupations. Par conséquent deux types d’entrées ont été développés : l’une comprenant une porte faite avec des matériaux locaux (au Bandundu) et l’autre avec uniquement un mur écran en chicane (où « en escargot ») pour protéger l’intimité des usagers (à Kabalo).

schéma latrine sol

Photo 1 : Schéma d’un modèle de latrine « en escargot » proposé à Kabalo et réalisé avec les communautés

La deuxième étape a consisté à choisir les bénéficiaires de ces latrines de démonstration ainsi que d’identifier les constructeurs. L’équipe de Solidarités Internationale a décidé de construire quatre prototypes par village. Les bénéficiaires de ces latrines ont été choisis de par leur degré de vulnérabilité, déterminé selon des indicateurs élaborés en coordination avec les autorités sanitaires locales. Ainsi, les ménages en incapacité de construire eux-mêmes leurs latrines (les vieillards, les femmes veuves, les personnes handicapées, etc. ) ont été sélectionnés en priorité. Ensuite, les constructeurs ont été choisis en utilisant l’annuaire d’expertises WASH établi par Solidarités International dans le cadre du programme Consortium WASH RDC. Ces artisans, maçons, constructeurs sont des référents techniques locaux dans le domaine de la construction et par conséquent ils pourront par la suite fournir des conseils aux ménages. Ils ont été encadrés dans leur travail par les superviseurs techniques de l’ONG.

Latrine démonstration Sol

Photo 2 : Latrine de démonstration à Kabalo. N.B. : le mortier placé entre les briques de terre est réalisé avec les déchets de production d’un alcool local (à base de manioc et maïs), mélangés avec du sable et de l’eau.

La dernière étape, en cours, consistera à promouvoir et reproduire un de ces modèles au niveau de chaque ménage. Avec les Relais Communautaires (ReCo), l’équipe de Solidarités International encouragera les villageois à visiter ces latrines, discuter des avantages avec les utilisateurs et des questions techniques avec les constructeurs. Cela afin d’atteindre la norme 7 du programme WASH Consortium, à savoir qu’au moins 80% de la population utilise des latrines hygiéniques à la fin de notre appui (18 mois).

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Pierre-Louis Bercion

Responsable Programme Consortium WASH RDC

Volet WASH Principal et DRR – Zone Ouest

Solidarités International

Mission RDC Sud et Ouest – Kinshasa

One thought on “Processus de construction le latrines de démonstration adaptées au contexte d’intervention

  1. Can not consider there is a issue that has eclipsed daily Kardashian brunch reviews. “Ermagerd, Ebola, we are all going to daaa!” The amount of narrow-minded individuals in the world is astounding.

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