Consortium WASH RDC

L'expertise de cinq ONG internationales

A chacun sa latrine, pour lutter contre la sous nutrition

Leave a comment

Parler toilettes n’est jamais évident. En privé, cela peut être distrayant. En public, cela peut se révéler embarrassant. Cependant, en République Démocratique du Congo où près de 7 million de personnes (soit 10% de la population) pratique la défécation à l’air libre, et où 3,5 millions d’enfants de moins de 5 ans et de femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition aigüe (enquête EDS 2013), ce sujet est tout simplement pressant.

Mais quel est donc le lien entre toilettes et nutrition? Selon l’OMS (2014), à l’échelle mondiale, la moitié des cas de sous nutrition (responsable d’environ 35% de tous les décès d’enfants de moins de cinq ans) est associée à la diarrhée, qui est la conséquence d’un assainissement inadéquat ou des conditions d’hygiène insuffisantes.

La célébration de la Journée Mondiale des Toilettes, le 19 novembre, dont le thème cette année est « Assainissement et Nutrition », est donc l’occasion de rappeler que l’utilisation de toilettes hygiéniques est essentielle pour garantir la santé de tous et pour combattre la malnutrition.

La diarrhée qui affecte déjà les patients est un facteur aggravant de la malnutrition car elle réduit la capacité d’absorption des nutriments par altération de la paroi intestinale. Ceux qui souffrent de la malnutrition, fréquemment aggravée aussi par les maladies associées (paludisme etc.), ont aussi un risque élevé de diarrhée. Cela créé un cercle vicieux nuisant à la croissance et au développement de L’Enfant.

Selon les dernières statistiques disponibles, seul 29% de la population du pays utilise des latrines hygiéniques. En raison de la présence de mouches, d’excréta sur les bords de la fosse, etc dans leurs latrines, les 71% restant sont exposés à des risques de contamination. Cela est d’autant plus vrai que chaque jour, chaque être humain produit 200 g de déchets solides et qu’un seul gramme de matière fécale humaine peut contenir jusqu’à un million de bactéries, responsables notamment du choléra ou de la diarrhée, qui sont endémiques en RDC.

Une latrine hygiénique est une latrine sans odeurs, sans mouches, sans traces d’excréta sur les bords de la fosse, et qui dispose d’un couvercle servant à boucher le trou.

Le défi reste donc de taille en RDC, et ce notamment en milieu rural où la responsabilité de la construction des latrines est souvent laissée à l’individu. C’est notamment pour cela que les actions du Consortium WASH RDC se concentrent sur:

  • la meilleure manière de construire des latrines hygiéniques selon les moyens dont on dispose, et l’environnement dans lequel on vit ;
  • la localisation des latrines afin de réduire les risques de contamination et de garantir la sécurité des plus vulnérables (femmes, enfants, personnes handicapées) qui peuvent être confrontés aux risques de violences s’ils doivent déféquer à l’air libre.

Ainsi, afin de faire passer ce message dans les 500 et quelques villages dans lesquels il intervient, le Consortium WASH RDC met en place une variété d’activités actions éducatives et de sensibilisation destinées à entrainer les communautés vers une prise de conscience progressive quant à l’importance de la construction et l’utilisation de latrines hygiéniques (y compris en matériaux locaux) pour enrayer la transmission de maladies féco-orales comme la diarrhée et le cholera.

Tout au long de la semaine, vous aurez l’occasion de lire quelques histoires liées aux actions d’assainissement dans lesquelles le Consortium WASH RDC travaille.

Le programme « Consortium WASH RDC » a vu le jour en Juillet 2013, dans le but d’appuyer l’amélioration des conditions d’accès en Eau, Assainissement et Hygiène (EAH) pour un peu plus de 500 000 personnes vivant dans environ 500 villages de la RDC. Financé sur 5 ans par UKAID, le programme du Consortium WASH RDC est en ligne avec la Stratégie Nationale en matière d’EAH et complète le Programme National Villages et Ecoles Assainis.

 

 

.

 

Leave a Reply