Consortium WASH RDC

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Le Consortium WASH RDC présente à la 41ème édition de la conférence internationale WEDC : La transition vers des services WASH durables et résilients

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Le jeudi 12 juillet 2018 à Nakuru, Kenya, lors de la 41ème édition de la conférence internationale du centre WEDC, la responsable du suivi et évaluation du Consortium WASH RDC, Kristina Nilsson, a présenté notre article « La gestion communautaire des points d’eau en République Démocratique du Congo (RDC) : identifier les facteurs liés au succès ». La recherche qui a donné naissance à l’article visait à identifier les caractéristiques des communautés et des comités de gestion d’eau les plus efficaces pour que les communautés atteignent l’autosuffisance financière en matière d’entretien et exploitation de leurs points d’eau.

Kristina Nilsson, responsable du suivi et évaluation du Consortium WASH RDC

Le Consortium WASH RDC vise à assurer la durabilité des services d’eau en milieu rural en RDC à travers l’ « approche économique », selon laquelle les utilisateurs du service ne se considèrent pas comme des bénéficiaires mais comme des usagers payants. La gestion de ces services est assurée par des comités de gestion d’eau élus au niveau du village ou du quartier. Le Consortium WASH RDC développe les capacités des comités en gestion technique et financière, en mettant l’accent sur l’importance pour la communauté d’être en mesure de prendre en charge les coûts des services à court, à moyen et à long terme pour en assurer la pérennité. Les comités sont accompagnés dans l’élaboration d’un plan d’affaires décrivant les coûts liés au point d’eau et les mécanismes pour les recouvrir et pour atteindre l’un de trois niveaux d’autosuffisance financière, que nous appelons « équilibres » dans le cadre de notre programme : 

Les trois “équilibres” du Consortium WASH RDC

Pour déterminer la pertinence de cette approche au contexte de la RDC rurale, la question que nous nous sommes d’abord posée dans notre recherche était la mesure dans laquelle les communautés arrivent à atteindre l’un des trois « équilibres ». Ensuite, il s’agissait d’examiner si certaines caractéristiques des communautés ou de leurs façons de gérer le service hydrique tendaient à s’associer à ce type de capacité. Ceci fait l’objet de l’article présenté.

Est-ce-que la pérennité financière est achevable ?

Le tableau montre les résultats des enquêtes menées à la fin du projet et six mois plus tard. Les communautés ayant atteint les “équilibres” 1, 2 et 3 sont financièrement autosuffisantes.

Et donc, est-ce-que l’on peut reconnaitre certains facteurs caractérisant les communautés qui ont eu plus de succès ?

La taille de la population

La mise en relation de la taille des communautés avec le niveau d’autosuffisance financière atteint suggère que l’approche économique a des meilleures chances de succès au-dessus d’un certain seuil, en particulier pour atteindre les « équilibres » les plus élevés. Notamment les villages avec une population inférieure à 500 habitants ont moins souvent réussi à atteindre l’autosuffisance, tandis que les « équilibres » plus élevés sont généralement atteints par des villages qui comptent au moins 1000 personnes.

Visite d’une équipe du Consortium à Leya 3, Zone de Santé de Kongolo

La composition des comités

A travers les communautés avec lesquelles le Consortium travaille, la taille des comités est assez homogène, la plupart entre eux ayant de 6 à 10 membres, avec certaines exceptions qui en comptent une vingtaine. D’après l’analyse des résultats, ils n’existent pas des liens clairs entre le nombre de membres et le niveau d’autosuffisance financière atteint.  Egalement, le nombre de femmes dans les comités ne semble pas être associé au niveau de succès dans l’atteinte de l’autosuffisance : la plupart des comités comptent entre 20% et 50% de femmes et tous semblent atteindre les différents niveaux d’autosuffisance financière à peu près dans les mêmes proportions. Cependant, une représentation plus élevée des femmes parmi les quatre postes exécutifs (présidente, vice-présidente, secrétaire et trésorière) semble montrer des signes encourageants : une analyse plus approfondie sera prochainement faite à ce sujet.

Les stratégies de recouvrement des couts

Pour collecter les montants nécessaires, les comités font recours à des stratégies différentes, selon leur préférence :  collecter des cotisations (mensuelles  ou  par  volume  d’eau) auprès des ménages,  mettre  en  place  des  activités génératrices de revenus (AGR) ou  bien  envisager  une  combinaison  de ces  deux,  pour  augmenter leurs recettes. La plupart des comités (58%) choisi la dernière option, en adoptant un mélange de collecte des ménages et d’AGR : avec des sources de revenus diversifiées, ces comités semblent beaucoup mieux réussir :  leur taux de réussite est 83%, contre le taux de 60% atteint par les comités qui s’appuient uniquement sur les cotisations ménagères.

Le tableau montre les résultats des comités selon les stratégies adoptées pour couvrir les coûts des points d’eau

Les exemptions des paiements

Bien que le Consortium ait fait le choix de ne pas mettre en place une liste fixe de critères de vulnérabilité des ménages et des individus, il encourage les communautés à envisager des systèmes de soutien aux couches de la population qu’elles estiment ne pas avoir les moyens pour contribuer au service hydrique. La plupart des comités ont donc choisi de mettre en place des mécanismes d’exemption pour certains groupes que la communauté reconnait comme vulnérables. Les catégories les plus souvent exemptées sont les ménages ayant des membres avec des handicaps ou des maladies chroniques, les personnes âgées et les ménages très pauvres ou dirigés par une femme. Il est à noter que ces exemptions n’ont pas d’impact négatif sur l’atteinte de l’autosuffisance : le 76% des comités qui les mettent en place ont atteint l’un des trois « équilibres », comparativement au 66% des comités qui ne le font pas.

Les taux d’atteinte de l’autosuffisance avec et sans des exemptions en place

L’organisation des comités

Tandis que la vaste majorité des comités travaille sur base purement volontaire, quelques comités décident d’allouer une forme de rémunération régulière à certains de leurs membres, généralement aux artisans réparateurs : nous avons constaté que ces comités sont très souvent en mesure d’atteindre l’autosuffisance.

Les taux d’atteinte de l’autosuffisance avec et sans des rémunérations pour les membres des comités en place

Se réunir régulièrement et faire les enregistrements de caisse systématiquement semblent être des facteurs du succès et donc des pratiques à encourager : plus de la moitié des comités qui n’adoptent pas ces mesures n’arrive pas à toucher un « équilibre ».

Les taux d’atteinte de l’autosuffisance avec et sans des réunions régulières en place

Les taux d’atteinte de l’autosuffisance avec et sans enregistrements de caisse en place

La typologie du point d’eau et leur réparation

Des conditions hydrogéologiques et sociales différentes dans différents villages ont conduit à l’installation de types de points d’eau différents et ayant une large variabilité en termes de coûts (tant au court terme, pour les entretiens mineurs, que pour la réhabilitation complète). Malgré cette hétérogénéité, des comités qui gèrent de types de points d’eau différents (systèmes gravitaires avec bornes fontaines, sources aménagées, et forages mécaniques ou manuels avec pompes à main) semblent montrer des mêmes taux d’efficacité quant à l’atteinte de l’autosuffisance.

Un élément très encourageant ressorti de l’analyse est que 92% des comités qui ont déjà fait recours à l’achat de pièces de rechange ont gardé l’un des trois niveaux d’autosuffisance, ce qui suggère que l’entretien ou réparation du point d’eau n’est pas un élément de faiblesse.

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La présentation par notre collègue Kristina Nilsson a été reçue avec enthousiasme et a généré des échanges très vifs avec les autres participants ayant partagé des questions ou expériences similaires. L’article sera prochainement publié en ligne sur la plateforme de publications et ressources du centre WEDC. Entretemps, veuillez retrouver ici les diapositives qui ont accompagné la présentation.

Les links à tous les publications internationales du Consortium sont disponibles à la page : http://consortiumwashrdc.net/ressources/publications-internationales/

 

One thought on “Le Consortium WASH RDC présente à la 41ème édition de la conférence internationale WEDC : La transition vers des services WASH durables et résilients

  1. Les projets parailles ont toujours un impact positif sur la vie de populations à 80 pourçant.

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